Commode à encoignures en acajou d'époque Louis XVI Attribuée à Claude-Charles SAUNIER

Louis XVI

Commode à encoignures à trois rangs de tiroirs dont deux sans traverse en acajou blond orné de frises perlées.
Le tablier présente un décor de bronze composé d’une guirlande enrubannée. Les côtés avec deux étagères ouvertes en marbre avec des galeries de trèfles percées, les angles arrondis avec des chapiteaux en lanières accrochés à des feuilles de laurier au-dessus de flûtes perlées, les pieds fuselés ornés de bagues en bronze doré
Le tiroir du dessus présente une frise lambrissée alternant de longues feuilles et des enveloppes, le tiroir à frise flanqué d’une paire de compartiments à mécanisme.

Travail d’époque Louis XVI Attribuée à Claude-Charles SAUNIER, vers 1785

Dimensions:

92 cm H x 146 cm L x 52,5 cm P

CLAUDE -CHARLES SAUNIER (1735-1807) Reçu maitre en 1752

Fils et petit-fils d’ébénistes, Claude-Charles Saunier travaille avec son père, dans l’atelier familial de la rue du Faubourg Saint-Antoine à l’enseigne de l’Étoile d’or. Et c’est seulement au moment où il lui succède, en 1765, qu’il fait enregistrer ses lettres de maîtrise. Encore jeune, il adopte les idées nouvelles. En dehors de quelques ouvrages Louis XV, sa production appartient essentiellement aux styles Transition et Louis XVI. Sa réputation s’étend très vite, non seulement en France mais à l’étranger, notamment à Londres. Il travaille pour le marchand Daguerrre, qui compte parmi sa clientèle de grands collectionneurs d’outre-Manche dont Lord Spencer.
Il utilise l’acajou, qui représente 30% de sa production, sous toutes ses formes : uni, moucheté, flammé. La discrétion des ornements de décor imprègne l’ensemble de ces meubles : commodes, bonheurs-du-jour, secrétaires, meubles d’entre-deux et consoles-dessertes, dont il se fait une spécialité (environ 125 consoles portent son estampille). La console en acajou du Rijksmuseum d’Amsterdam appartient à cette époque phare de l’Etoile d’or. Afin de mettre en valeur les placages, il les choisit de très bonne qualité (en bois de rose, en satiné, en bois de violette) et les dispose en grandes surfaces, utilisant le jeu coloré des veinures et des noeuds et les inscrit dans des encadrements d’amarante que souligne un filet de buis ou de sycomore, seul élément de marqueterie le plus souvent.

Peu de bronzes, tout au plus des anneaux de tirage, parfois même rejetés dans les angles, et quelques moulures qui se contentent de limiter les panneaux et d’accuser la rigoureuse et discrète élégance du meuble. Laque et vernis n’apparaissent qu’assez rarement dans l’œuvre de Saunier et ce sont encore de grandes feuilles de placage qu’il utilise en priorité pour orner ses meubles de style Louis XVI.
Si il emploie largement l’acajou, il marque une prédilection pour le citronnier qu’il l’utilise en grandes surfaces mettant ainsi sa luminosité en valeur. Il décore ses meubles les plus ouvragés, en particulier ses consoles dessertes,frises d’ailleurs très classiques – entrelacs, rinceaux, palmettes, canaux et de tigettes – auxquelles s’ajoutent parfois des chutes feuillagées et quelques rosaces.

Les années 1770-1780 sont aussi pour Saunier l’occasion de collaborer avec des marchands-merciers comme Daguerre. Le secrétaire en cabinet orné de plaques de porcelaine de Sèvres illustre cette collaboration. Parallèlement, Saunier développe sa propre clientèle en tant que marchand, dans son atelier de l’Étoile d’or.

Claude-Charles Saunier, bien plus qu’un artisan, est aussi un esprit « éclairé » à l’image de son siècle. La diversité de sa production est le témoignage vivant de son insatiable curiosité. Il est l’un des rares maîtres ébénistes à posséder et maîtriser une telle variété de techniques, marquant sa production d’une grande originalité. Ses réalisations dictées, ou non, par des marchands- merciers ont traversé les frontières du royaume, diffusant ainsi à travers l’Europe une certaine idée du goût français.
Son nom est au fronton de l’école Boulle à Paris

« A côté des fastes d’un Riesener ou du raffinement d’un Carlin, il incarne le goût des amateurs parisiens pour la rigueur, la sobriété et l’équilibre des formes. Ces qualités font de lui l’un des meilleurs ébénistes au règne de Louis XVI. » P. Kjellberg

En 1787, François Henri, duc d’Harcourt, lieutenant général des armées du Roi en 1762, puis gouverneur du dauphin en 1786, se fit livrer un secrétaire en armoire estampillé Saunier par le marchand mercier Dominique Daguerre. Le comte de Narbonne, ministre de la guerre de Louis XVI compta également parmi ses clients.

Musées et Commandes prestigieuses
Les meubles de C C Saunier sont présents dans les plus grands musées.

-Versailles
– Nissim de Camondo, Paris
– Wallace Collection, Londres
– Musée des arts décoratifs , Paris