Paire de candélabres Attribuée d'époque Louis XVI au Bronzier François REMOND

Louis XVI

Candélabres Louis XVI en bronze patiné et doré à l’or mat et or bruni sur une base tronconique en marbre gris Bardiglio.

Figurant deux figures féminines habilement coiffé d’un chignon et vêtues d’un drapé plissé à l’antique.

Chacune supporte un bouquet à cinq lumières  émanant d’une corne d’abondance cannelée d’ou jaillissent des fruits et des fleurs finement ciselés et dorés.

Les bras de lumières sont à décor de branches enroulées parsemées de feuillages stylisés.

Le contre-socle est orné de spirales cannelées.

Au centre de chaque bouquet surplombe une fleur en train d’éclore.

Les cartouches sur la base figurent des putti jouant autour d’une Athénienne.

La composition s’inspire très certainement de l’œuvre du sculpteur Etienne-Maurice Falconet (1716-1791).

Nous retrouvons, en effet, un dessin réalisé par Gabriel de St Aubin dans son livret du Salon de 1761. (OTTOMEYER et P. Proschel, Vergoldete Bronze, pg 254)

ainsi que d’un modèle de torchère exécuté par le sculpteur pour le château de Versailles (reproduit dans Le Dix-huitième siècle français, Collection Connaissance des Arts, Paris, 1956, p.150).

 

Francois Rémond (c 1747 -. 1812) est un maître ciseleur et doreur français qui atteint la renommée en son temps.

Il a commencé son apprentissage en 1763. En 1774, il est devenu maître dans la guilde des doreurs de bronze. Il était un travailleur prolifique et fut considéré comme l’un des meilleurs doreurs, sculpteurs de bronze, de son temps Son travail et son savoir-faire étaient en demande. Il a réalisé de nombreuses commissions pour le célèbre marchand mercier Dominique Daguerre

Il a créé des œuvres dans le style turc alors en vogue pour Louis XVI et sa famille

Rémond a réalisé des urnes, des chenets et des candélabres. Il a travaillé avec le ciseleur Pierre Gouthière sur certaines de ses plus grandes œuvres avant 1788. Rémond et Gouthière étaient connus pour leur capacité à créer des dorures mates et brunies. Ils réalisaient des montures élaborées en bronze doré pour des pendules de cheminée, des meubles ou des statues qui incorporaient des créatures de la mythologie ou des espèces rares comme des chameaux et des autruches. Rémond a également produit des ornements pour les horlogers et les ébénistes. Il a conçu des ornementations en bronze pour le fabricant de meubles Jean-Henri Riesener (1734-1806)

D’une génération postérieure à Gouthière, auquel ces candélabres étaient traditionnellement attribués, François Rémond lui succède comme le bronzier le plus important de son époque. Né en 1747, il effectue son apprentissage en 1763 chez le bronzier Vial avant d’être reçu maître doreur comme apprenti et par chef d’œuvre le 14 décembre 1774. Christian Baulez souligne qu’à son activité de doreur-ciseleur, Rémond ajoute rapidement celle de fondeur et se trouve en mesure de livrer des œuvres totalement achevées, lui donnant ainsi accès à la clientèle royale, la reine bien sûr, mais aussi le comte d’Artois et les ducs d’Orléans et de Penthièvre. Son activité connaît alors un essor considérable, notamment à l’étranger, grâce à sa collaboration avec le plus grand des marchands-merciers de l’époque, Dominique Daguerre.

Rémond livra à Daguerre pour près de 920 000 livres de dorures et fournitures de bronze et l’on retrouve ses œuvres aussi bien à Londres, Madrid, Naples qu’à Stockholm, Vienne ou Saint- Petersbourg

 

Dominique Daguerre

Dominique Daguerre est le plus important marchand-mercier, comprenez marchand d’objets de luxe, du dernier quart du XVIIIe siècle. Ses débuts de carrière restent relativement méconnus et l’on peut considérer qu’il démarre véritablement son activité à partir de 1772, année de son association avec Philippe-Simon Poirier (1720-1785), autre marchand-mercier célèbre et inventeur des pièces d’ébénisterie agrémentées de plaques de porcelaine de la Manufacture royale de Sèvres. Lorsque Poirier se retire des affaires, vers 1777-1778, Daguerre prend la direction du magasin rue du Faubourg Saint-Honoré et garde la raison sociale « La Couronne d’Or ». Conservant la clientèle de son prédécesseur, il développe considérablement l’activité en quelques années et joue un rôle de premier plan dans le renouveau des arts décoratifs parisiens de l’époque en faisant travailler les meilleurs ébénistes du temps, particulièrement Adam Weisweiler, Martin Carlin et Claude-Charles Saunier, le menuisier du Garde-Meuble de la Couronne, Georges Jacob, les bronziers ou ciseleurs-doreurs Pierre-Philippe Thomire et François Rémond et l’horloger Renacle-Nicolas Sotiau.

Ayant porté le luxe « à la française » à son summum, Daguerre, visionnaire et homme d’affaires hors du commun, s’installe en Angleterre vers le début des années 1780 et s’associe avec Martin-Eloi Lignereux, qui reste en charge du magasin parisien. A Londres, patronné par le prince Régent, futur roi George IV, Daguerre participe activement à l’aménagement et à la décoration de Carlton House et du Pavillon de Brighton, en faisant fonctionner à merveille son réseau d’artisans parisiens important de Paris la plupart des meubles, sièges, cheminées, bronzes d’ameublement et objets d’art et facturant, uniquement pour l’année 1787, plus de 14500£ de fournitures. Impressionnés par le talent du marchand, quelques grands aristocrates anglais font également appel à ses services, particulièrement le Comte Spencer pour Althorp où Daguerre collabore avec l’architecte Henry Holland (1745-1806). A Paris, il continue, par l’intermédiaire de son associé Lignereux, à travailler pour les grands amateurs et livre de superbes pièces d’ébénisterie au Garde-Meuble de la Couronne destinées aux appartements de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Probablement très affecté par les troubles révolutionnaires et la disparition de nombreux de ses clients les plus importants, il se retire définitivement des affaires en 1793.