Garniture de cheminée fin XVIIIe, attribuée à MATTHEW BOULTON

XVIII ème siècle

Pendule et paire de cassolettes fin XVIIIe (vers 1770-1780) en porphyre, bronze doré au mercure et acier émaillé bleu.

Cette garniture de cheminée est typique des créations de Matthew Boulton. Chaque vase aux pieds douche est magnifiquement réalisé en porphyre et bronze doré. Les deux cassolettes brûle-parfum de forme Médicis ont dans leur partie inférieure un très bel ornement d’émail bleu. Celles-ci sont surélevées d’un socle avec des pieds toupie.

Les bases carrées des objets reposent chacune sur quatre pieds tortues en bronze doré et les colonnes sont ornées de drapés.

La pendule, à mouvement tournant dont les chiffres sont visible dans un médaillon à ruban noué, possède deux anses symbolisant des serpent entrelacés. La base du piedouche est entouré d’une couronne feuillagée et le bas de la colonne est ornementé de rais-de-coeur. Les urnes brûle-parfum, quant à elles, à décor d’oves, d’entrelacs et de feuilles d’acanthe, sont pourvues d’anses en forme de lacet avec en leur centre des grotesques.

MATTHEW BOULTON (1728-1809)

Fils d’un artisan de petits objets métalliques, Matthew Boulton reprend l’entreprise de son père en 1759. En 1762, il s’associe avec John Fothergill et fait construire une manufacture plus importante à Soho, au nord de Birmingham, centre d’industrie et d’inventions révolutionnaires surnommé “l’atelier du monde”. Il diversifie ses techniques et développe la production de plats en argent, d’objets décoratifs et la dorure au mercure. Il décide par la suite de moderniser son entreprise et entreprend de varier une nouvelle fois ses créations. Vient alors la réalisation de monnaie et de vases en faïence et bronze doré.

Leur travail, très minutieusement réalisé, est extrêmement réputé auprès de l’aristocratie européenne. L’impératrice Catherine II de Russie acquis un nombre important et divers de leurs oeuvres ainsi que la Reine Charlotte, épouse du Roi Georges III, qui fut séduite par plusieurs vases. D’autres ont estimé la beauté de cet artiste comme les Ducs de Coventry, de Montague et de Malborought qui sont à ce moment là les trois plus grands collectionneurs d’art de Grande Bretagne.

Pour concurrencer la production française de l’époque, dont les vases sont particulièrement à la mode, il s’inspire des objets et formes antiques. La production sur faïence fut malheureusement de courte durée compte tenu de la fragilité de la faïence qui ne pouvait supporter le bronze doré. Il décide alors de remplacer la faïence par du marbre ou de la porphyre dont la couleur éclatante pourpre fait ressortir la beauté du bronze doré au mercure.

Il ferme son entreprise en 1782 et entreprend de s’associé à l’ingénieur écossais James Watt, avec lequel il développe la production de la première machine à vapeur.

Homme de talent tant dans la production d’objets en bronze que dans le développement industriel, Matthew Boulton fut un tournant considérable pour la Grande Bretagne. Depuis 2011, les deux collaborateurs (Watt et Boulton) embellissent d’ailleurs le billet de cinquante Livres Sterling. Un musée fut également érigé à sa mémoire dans son ancienne maison de Birmingham, la Soho House. Restauré, ce musée propose aujourd’hui une collection diverse de ses productions artistiques et industrielles.

Outre le Soho House Museum, plusieurs oeuvres de ce bronzier sont exposées dans de très importants musées, comme le British Museum de Londres qui propose beaucoup de pièces et quelques objets ou encore,

Le Métropolitan Museum of Art de New-York qui donne à contempler des dizaines de ses oeuvres, dont certaines, dans le style de notre garniture, permet de constater de toute la magnificence de sa technique. 

Le Victoria and Albert Museum à Londres expose également des oeuvres de Boulton; que ce soit des théières et des chandeliers en argent, ou encore des sceaux à glace et des candélabres finement sculptés en bronze doré et fluorine. 

Ce bronzier est aujourd’hui très réputé et beaucoup se plaisent à acquérir l’une de ses magnifiques productions.

En 2012 et 2013 La maison de Vente Christie’s à Londres a adjugé plusieurs lots de Boulton.

Ainsi, une paire de pots pourri (en bronze doré et marbre blanc) ont été adjugés pour la somme de 160 160 euros (Cf ci-jointe)

Une paire de brûle-parfum (en métal et marbre blanc) ont, quant à eux, été adjugé à 89 370 euros (Cf ci-jointe)

et une paire de candélabres ainsi qu’un candélabre seul ont été adjugés respectivement à 147 840 euros et 344 960 euros (Cf ci-jointe).